Dénoncer le travail au noir en photographiant le chantier suspect: le Valais lance son app smartphone. Quid de la protection des données?

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L’application pour dénoncer le travail au noir en Valais a été lancée ce matin par l’Association valaisanne pour le renforcement des contrôles sur les chantiers de construction (ARCC). Une manière de renforcer la lutte contre le travail illégal contre lequel l’ARCC juge les contrôles encore trop peu fréquents.

N’importe quel citoyen pourra, avec son téléphone mobile où il a installé l’application, prendre en photo un chantier soupçonné d’illégalité, prendre en photo un travail le soir ou le week-end. Une photo automatiquement géolocalisée que l’app transmet à l’ARCC qui l’analysera. Si le soupçon de fraude est confirmé, l’inspection du travail sera informée.

Depuis 2017, selon le bilan de l’ARCC, les sept inspecteurs assermentés ont contrôlé 446 chantiers (contre 150 lorsque la seule inspection cantonale de l’emploi se chargeait de ce travail). L’association indique que plus de la moitié des chantiers contrôlés ont fait l’objet d’une instruction pour une somme cumulée de salaire de 1,25 million de francs. Cette application devrait avoir un effet dissuasif supplémentaire.

Le procédé a été vivement critiqué par le préposé fédéral à la protection des données. Cette application est-elle légale? Le dénonciateur (dont les données resteront confidentielles) risque-t-il quelque chose? Une personne prise en photo peut-elle saisir la justice?

Nous en parlons dans le Journal avec Sébastien Fanti, préposé valaisan à la protection des données et à la transparence.