Inondations de 2012: deux députés UDC accusent et dénoncent des dysfonctionnements à l’Etat du Valais qui pourraient coûter cher au contribuable

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Une nouvelle affaire ébranle le Valais. Deux députés UDC dénoncent de «de graves dysfonctionnements au sein du Département cantonal des transports, de l’équipement et de l’environnement qui risquent de faire perdre aux contribuables valaisans entre 2 et 4 millions de francs.» L’affaire concerne des terrains inondés par le Rhône en 2012. Chef de service visé par ces accusations, Tony Arborino conteste, il parle d’éléments partiels sortis de leur contexte. Il affirme que toutes les mesures nécessaires ont été prises pour que les intérêts des contribuables valaisans soient préservés.»

Ces inondations de 2012 ont eu lieu à Pramont, près de Sierre. D’après un rapport commandé par l’Etat du Valais, elles ont été en partie causées par deux entreprises qui ont simultanément extrait du gravier dans le lit du Rhône. Les documents que se sont procurés Blaise Melly et Albert Pitteloud pointent vers une de ces entreprises et, en particulier, vers la quantité de gravats qu’elle aurait extraite.

Blaise Melly, député UDC:

«Son décompte établi après les travaux (mais avant les inondations), prouve qu’elle en a trop extrait. Dix-neuf mois plus tard, après que sa responsabilité a été établie par un rapport d’hydrogéologie, cette entreprise a fait une 2e déclaration, qui la libère de ses responsabilités. L’Etat accepte cette 2e déclaration et la met hors de cause.»

Le premier décompte de l’entreprise parle de l’extraction de 6500 m3. Il date d’Avril 2012. Avec un tel volume, il est admis que le Rhône aurait été creusé à plus de deux mètres, causant les inondations.

Le deuxième décompte, en novembre 2013, parle lui de 4800 m3 et d’une profondeur d’1,7 mètre. D’après les deux députés, ce calcul est fantaisiste. Il permet par contre à l’entreprise de se dédouaner. Ce dernier décompte est pourtant validé par les service de l’Etat cinq semaines plus tard, il exonère ainsi cette entreprise des responsabilités.

 

Quelles sont les conséquences de cette exonération?

L’Etat devrait assumer seul les coûts de la crue. On parle de 2 à 4 millions, surtout pour le remise en état des digues. Pour les députés UDC, il s’agit d’un grave manquement de la part des services de Jacques Melly. Mais s’ils ne parlent pas de démission, les deux députés demandent que les services concernés assument leur responsabilités.

Blaise Melly, député UDC:

«Tout le monde doit assumer les conséquences de ses actes. Nous ne demandons pas de démission aujourd’hui. En particulier pas d’un conseiller d’Etat. Peut-être que le Conseil d’Etat ne connaissait pas ces rapports. Nous lui demandons d’en prendre connaissance et de prendre les décisions qui s’imposent. Les fonctionnaires qui n’ont pas défendu les intérêts de l’Etat doivent être sanctionnés.»

 

Responsable de Rhône 3, Tony Arborino répond

Tony Arborino est aujourd’hui responsable de Rhône 3. Il s’occupait, au moment des faits, de la protection contre les crues du Rhône. Il explique la différence entre les deux décomptes.

Tony Arborino, ancien chef de la Section protection contre les crues du Rhône:

«La première déclaration est faite pour la facturation. Elle permet au Canton d’envoyer la facture. La quantité de matériaux a été déclarée au Canton. Toute entreprise qui prend des matériaux dans le Rhône le fait. Il y a ensuite eu la question du volume mesuré à cet endroit pour vérifier si les conditions étaient respectées. Ce trou ne correspondait pas au volume déclaré, qui était trop grand par rapport au trou effectif. Le Canton a demandé si ce volume était précis, l’entreprise a fourni quelque chose de plus précis. Ce volume a été retenu, car il était cohérent avec le volume géomètre. Le 1er chiffre pour la facturation n’a pas était contesté et est resté tel quel.»

Tony Arborino précise que ces documents font partie d’un dossier complexe et que son service a toujours fait le maximum.

 

Motion déposée au Grand Conseil

La suite, ce sera la semaine prochaine au Grand Conseil, puisque les deux députés ont prévu de déposer une interpellation et une motion.

Le canton précise qu’il a ouvert aujourd’hui une action en justice pour faire payer les deux entreprises. Ce n’est pour lui pas lié à la démarche des deux députés UDC, puisque la mise en place du dossier a pris beaucoup de temps.