«Oui, j’aurais pu changer de fonction à mon retour dans la police, mais ça ne s’est même pas présenté: j’ai été licencié!»

Ce jeudi, Jean-Marie Bornet saura quels sont les griefs qui ont conduit le Conseil d’Etat à le licencier. Sur le plateau du Journal, l’ancien candidat au gouvernement affirme que son avocate avait sollicité une entrevue avec la ministre Esther Waeber-Kalbermatten, entrevue qui n’a pas eu lieu. Il indique aussi avoir parlé de son affectation après son retour avec son chef direct, le commandant Varone. Mais que cela est resté sans suite. Il confirme qu’il aurait pu accepter de changer de fonction après la campagne électorale, «mais ça ne s’est même pas présenté: j’ai été licencié!»

 

Faut-il autoriser les employés d’Etat à se lancer dans une campagne électorale?

«Les employés d’Etat sont des citoyens à part entière, répond Jean-Marie Bornet. On a déjà l’interdiction de siéger au Grand Conseil. On se prive de compétences. Il ne faut pas voir le rapport hiérarchique entre le Conseil d’Etat, le chef de service et les employés d’Etat. Limiter ces droits serait un échec par rapport à la démocratie. On doit l’envisager autrement. La décision qui me concerne est un abus de droit et peut-être d’autorité.»

 

L’avis de Thierry Largey (Les Verts) et Cyrille Fauchère (UDC Vr)

Le licenciement de Jean-Marie Bornet ne manque pas d’interpeller: faut-il interdire aux fonctionnaires de se porter candidat au Conseil d’Etat? Si on l’autorise, faut-il poser un cadre strict? Deux élus au Grand Conseil plaident en faveur de règles claires pour tout haut fonctionnaire qui déciderait de briguer un siège au gouvernement:

«Tout citoyen qui réside en Valais devrait pouvoir être candidat au gouvernement», estime Thierry Largey, chef de groupe Les Verts.

«On ne peut pas interdire à un citoyen d’espérer faire de la politique, poursuit Cyrille Fauchère, coprésident de l’UDC Vr.  En revanche je pense qu’on doit réfléchir aux conditions qu’on impose aux fonctionnaires qui veulent s’engager.»

 

Pas d’interdiction, mais un cadre clair

Le licenciement de Jean-Marie Bornet donne l’occasion au Canton de travailler le cadre dans lequel des employés d’Etat peuvent se lancer dans la course à l’élection à l’exécutif cantonal. «Le rôle des élus, du Conseil d’Etat, c’est de définir ce cadre avec les associations des employés pour définir un règlement, déclare Thierry Largey. (…) Les futurs candidats auront un cadre auquel se fier.»

 

Devoir de réserve, congé payé ou sabbatique?

«Il faudrait imposer un congé sabbatique obligatoire d’au minimum six mois et faire signer une charte de respect avec un certain devoir de réserve, surtout sur les thèmes d’actualité», estime Cyrille Fauchère.

Les prochains candidats issus de la fonction publique seront-ils assujettis à un régime spécifique? Avec quel effet sur la liberté d’expression? Les prochains mois diront si le Grand Conseil décide de se saisir de ces questions pour le moins épineuses.

 

Sur le même sujet:
réponse de la présidente du Gouvernement, Esther Waeber-Kalbermatten


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