Prix Gusto 2017 décerné à Léo Turin: une récompense pour un travail d’équipe

Le 31 mars, Léo Turin recevait le Prix Gusto 2017. Une récompense destinée au meilleur apprenti cuisinier du pays. Un mois après ce sacre, Léo Turin a ouvert à Canal9 les portes de la cuisine où il travaille encore pour quelques semaines, le restaurant du Théâtre Crochetan à Monthey. Reportage puis interview plateau de René Constantin, directeur de l’Ecole professionnelle de Sion.

Il est toujours apprenti cuisinier, pourtant, aujourd’hui, c’est lui qui donne des conseils aux stagiaires. «Je me dois de le faire, car on n’est pas beaucoup. On est une équipe restreinte. J’aime bien cet aspect de famille, on est très complice. On est deux apprentis sur cinq cuisiniers, donc c’est pas mal!»

Depuis son sacre, Léo Turin a gagné en assurance, selon son chef. La récompense est fièrement affichée dans le restaurant. Elle représente un grand travail d’équipe: le jeune apprenti a pu compter sur le soutien et les conseils de son chef, du cuisinier Didier de Courten ainsi que ceux de l’École professionnelle de Sion.

Mauro Capelli, restaurateur et chef restaurant Théâtre Crochetan, souligne combien ces soutiens et coaching ont aidé l’apprenti. «Sans toutes ces personnes qui étaient autour de Léo, on ne serait jamais arrivé à un résultat comme ça, quoi.» Pour Mauro Capelli, qui forme des apprentis de cuisine depuis 30 ans, ce prix est magnifique.

Léo terminera son apprentissage à Monthey en juillet de cette année. Son objectif: obtenir la maturité professionnelle afin d’accéder aux Hautes Écoles. «C’est très enrichissant. C’est un métier où on ne s’ennuie jamais. C’est vrai qu’on est là le week-end, mais voilà, ça grandit. Beaucoup!»

 

«Quand vous avez dans votre bagage un pareil titre,
cela vous ouvre toutes les portes!»

René Constantin, quel a été l’investissement de l’école dans la participation à ce concours?

Je salue Maître Capelli qui reconnaît le travail fait par l’école. C’est un travail d’équipe, car il faut pouvoir détecter ces jeunes talents. Cela appartient au maître des branches pratiques, qui voit le jeune à l’oeuvre. Il y a une concertation avec le maître des branches théoriques, qui analyse le savoir-être du jeune. Une concertation finale est faite avec les maîtres de culture générale. Il faut ensuite le convaincre.

Est-ce l’école qui propose ce concours à Léo?

Oui. Nous avons la mission de former les jeunes au niveau de la qualité. Les maîtres ont ce 2e mandat: être agent recruteur et promouvoir la formation professionnelle.

Le Prix Gusto est le seul concours national pour les apprentis cuisiniers. S’agit-il d’un tremplin vers une carrière culinaire?

Oui. Quand vous avez dans votre bagage un pareil titre, cela vous ouvre toutes les portes. On s’arrache ces jeunes. Cela met en vitrine l’entreprise qui va l’engager. Des portes à l’extérieur du pays sont souvent ouvertes également.

Dans votre école, vous avez des apprentis de tous niveaux scolaires et social. Est-ce compliqué à gérer?

Oui. Nous devons mettre l’accent sur le mieux-vivre ensemble et le droit à la différence. Il faut faire comprendre à certains qu’il y a des gens qui ont moins de chance que d’autres. Il y a un aspect didactique et pédagogique. Nous aimerions que les plus talentueux aident les plus faibles. La solidarité est une volonté de l’école.

Ce Prix Gusto a créé une émulation au sein de l’école?

Oui, dans le secteur. Cela donnera l’envie à d’autres de se lancer dans les concours. Nous avons des concours dans toutes les secteurs de l’artisanat et de la vente. Le week-end prochain, un concours aura lieu pour les gestionnaires du commerce de détail. Nous avons dans plusieurs concours des finalistes et même des vainqueurs venant de notre école. Ce qui nous aidera à promouvoir la formation professionnelle.

Léo Turin va poursuivre avec une maturité professionnelle. Est-ce que les apprentis cuisiniers qui terminent trouvent facilement une place de travail en Valais?

Oui. Il y a certainement un lien avec le fait que nous subissons une baisse des jeunes en formation. C’est certainement lié à la pénibilité du travail. Pour celles et ceux qui font bien leur travail, ils trouveront du travail en Valais.


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