Que doivent faire (ou pas) les vignerons avec les ceps qui ont été touchés par le gel?

Une semaine après avoir lutté en vain contre le gel (qui a endommagé 40% du vignoble valaisan), les vignerons vont devoir apporter des soins à leurs ceps. Mais que doivent-ils faire? Le Service cantonal de l’agriculture communique les actions à entreprendre.

Au milieu du vignoble de Chamoson, une vigne de fendant a souffert de l’épisode de gel de la semaine dernière. Mais les températures glaciales n’ont pas entraîné la mort de la vigne. Pour Jacques Disner, vigneron-encaveur, l’heure est à l’observation. «Là, il y a de la vie. Là, vraisemblablement aussi. Tout le reste à côté est malheureusement perdu. Mais ce bourgeon-là et celui-ci nous laissent un petit peu d’espoir. Ceux-là devraient repousser et nous permettre d’avoir de quoi tailler l’année prochaine… On espère.»

Alors que 40% du vignoble valaisan a été fortement endommagé, les vignerons ne vont pas manquer de travail pour soigner la vigne. Et là, il convient de faire les gestes justes pour minimiser l’ampleur des dégâts, comme l’explique le vigneron-encaveur de la Cave à Polyte: «Il faut absolument ne pas toucher ce qui a été gelé. Surtout ne pas retirer les bourgeons qui ont été gelés parce qu’en retirant ce bourgeon-là qui est mort, on risque d’endommager celui qui est en train de pousser à côté. Pendant deux à trois semaines, il faut laisser faire la nature. Il faut laisser la vigne récupérer du choc qu’elle a eu pendant trois ou quatre jours et trois ou quatre nuits.»

Une mise en garde relayée par l’Office de la viticulture qui liste les soins à entreprendre. Des soins qui dépendent de l’ampleur des dégâts. Avec trois cas de figure à distinguer.

«On est en présence d’un gel partiel. On voit qu’on a des rameaux qui ont été totalement détruits. Et puis on a encore des rameaux verts. Donc les rameaux verts vont continuer à se développer. Ici il y a d’autres bourgeons de réserve qui vont pouvoir, d’ici deux à trois semaines, démarrer et donner naissance à un nouveau rameau. Donc ce qu’on peut faire, c’est couper, raccourcir les rameaux qui sont morts – ils vont de toute façon sécher et puis tomber – de manière à booster le développement des contre-bourgeons», conseille Guillaume Favre, collaborateur agro-scientifique à l’Office de la viticulture.

On se déplace plus loin. Cette vigne en guyot de cornalin a été impactée à 70% par le gel. Dans les parcelles endommagées, plusieurs passages d’ébourgeonnement seront nécessaires: «Dans une parcelle comme ici où il y a relativement beaucoup de dégâts, poursuit Guillaume Favre, l’objectif de cette année, ce ne sera pas de produire du raisin, mais c’est vraiment se projeter pour 2018 en ébourgeonnant plusieurs fois pour vraiment choisir les bourgeons qui vont repousser les mieux adaptés pour la taille de l’hiver 2017-2018.»

De mémoire de vignerons, le canton n’avait pas connu un tel épisode catastrophique de gel depuis 1957. Les exploitations viticoles fortement impactées peuvent demander différentes aides financières, comme des prêts sans intérêt, à l’Office des améliorations structurelles.


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