Scandale Alkopharma et BCVs: «Nous avons demandé à nos représentants au conseil d’administration de vérifier si le droit a bien été respecté»

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L’affaire secoue le Valais depuis les révélations du Matin Dimanche: plus de 100’000 flacons de médicaments périmés ont été administrés à des patients suisses et français entre 2007 et 2011. Selon le journal dominical, la société Alkopharma de Martigny (VS) falsifiait les dates de péremption d’anticancéreux périmés, qui avaient une durée de vie de 18 mois et ne contenaient donc plus la dose de principe actif exigée. Certains médicaments ont été vendus sept ans plus tard. Au total, Alkopharma a vendu 98’820 flacons de ces anticancéreux en France pour plus de 3,2 millions d’euros et 2119 en Suisse pour plus de 207’500 francs. Un tribunal valaisan a condamné les responsables de l’entreprise en 2016 à des jours-amendes ou des peines pécuniaires. L’entreprise a elle fait faillite. Swissmedic a fait recours contre cette décision, estimant les sanctions trop légères.

La Banque cantonale du Valais – dont le Canton du Valais est l’actionnaire majoritaire – avait prêté 85 millions de dollars à Alkopharma.  La faillite se serait soldée par une perte de 17 millions pour l’établissement bancaire valaisan.

La Banque cantonale du Valais a-t-elle failli?

Interpellé par les médias au sujet de cet important crédit et d’un possible conflit d’intérêt au sein de la BCVs, le chef du Département des finances et de l’énergie Roberto Schmidt demande à ses représentants au sein du conseil d’administration de «prendre à l’interne les mesures nécessaires pour s’assurer que le droit en vigueur a bien été respecté dans le cadre de la gestion de ce dossier et d’en informer le Conseil d’Etat.»

L’Etat du Valais rappelle que, «en tant qu’actionnaire majoritaire, il exerce les droits liés aux actions détenues par le canton. La banque, tenue au secret bancaire, est soumise à la surveillance intégrale de l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers, à savoir la FINMA. Ni le Département des finances et de l’énergie, ni le Conseil d’Etat ne sont organes de contrôle de la BCVs. Ils ne sont dès lors pas habilités à s’immiscer dans la gestion opérationnelle de la banque, ni à obtenir des informations concernant la gestion opérationnelle et ses relations avec ses clients.»

PS, UDC et PLR se sont tous fendus d’un communiqué dans la journée. Selon les formations politiques, le ton est plus ou moins incisif. Mais tous attendent aujourd’hui des explications de la part de l’Etat du Valais. L’affaire rebondira devant le Grand Conseil. L’UDC demande en effet que la Cogest, la commission de gestion, conduise une enquête sur ce dossier.