Zoom sur Jean-Michel Cina: «Le rôle d’un politicien, c’est de rendre possible ce qui est nécessaire»

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Jean-Michel Cina a quitté l’exécutif cantonal le 30 avril 2017 après douze ans au gouvernement. Il a pris sa nouvelle fonction le 1er mai à Berne comme président de la SSR. Quel bilan tirer de ces trois législatures? Quelles réussites et quels échecs? Interview.

Jean-Michel Cina, vous avez convoqué la presse pour faire un bilan de vos douze ans au Gouvernement. Maurice Tornay ne l’a pas fait. Qu’est-ce qui a motivé votre démarche?

Je voulais présenter le bilan, en montrant le travail d’équipe. C’était une manière de leur dire merci. On a travaillé sur beaucoup de dossiers et on a eu du succès.

Douze ans de Conseil d’Etat, douze ans de rapports avec les médias. Tout le monde au Conseil d’Etat aimait comme vous ce contact?

Oui, parce que je n’ai jamais été trahi par les journalistes. Je n’ai jamais eu des difficultés, à part quand il fallait défendre la loi sur le tourisme. La presse écrite de la partie francophone du canton m’a posé quelques problèmes.

Quelles sont les qualités qui font un homme d’Etat?

C’est le respect et l’écoute. Même envers ses adversaires. Même s’il y a une défaite, il faut continuer au mieux. Ma recette est simple: fait de chaque jour la meilleure journée et donner chaque jour le meilleur de soi-même.

La forme est aussi importante que le fond en politique?

J’ai toujours pensé que le rôle d’un politique, c’est de rendre possible ce qui est nécessaire. Et c’est plus facile de trouver ce qui est nécessaire que de le rendre possible. C’est ça la grande capacité d’un homme politique qui veut faire avancer son canton. Pour réussir cela, vous devez créer des alliances, vous devez convaincre, vous devez avoir des gens qui vous soutiennent et qui veulent aussi faire avancer ce canton.

Vous avez fait parvenir un bilan de quatorze pages à la presse, dans lequel vous citez l’arrivée de l’EPFL en Valais notamment. Qu’est-ce que vous mettriez en avant? Vous n’avez pas eu d’échec?

Ce n’est pas que mon bila, c’est celui de tout une équipe! Je mettrais en avant la solution sur le retour des concessions. Il ne fallait pas que le Valais se déchire. Il y avait beaucoup d’intérêts entre groupes, communes et canton. La solution était complexe à trouver.

En 2009, votre projet pour le tourisme est rejeté à 75% par les Valaisans. Vous vouliez mettre en avant les destinations. Cet échec fait toujours mal?

Je n’aime pas perdre – personne ne l’aime. Ce qui est le plus important c’est de savoir quelles leçons on tire des défaites. J’ai profité de cet enseignement pour faire passer la loi sur le retour des concessions. J’avais une technique pour la loi du tourisme, comme un artilleur: coup long et coup court pour arriver à trouver le bon point. Mais il faut le faire pas par pas, avec une vision claire. Parce que les gens ne comprennent pas si on revient en arrière sur un point.

Ne pas porter le projet olympique ce sera aussi un regret?

Non. Vous n’avez jamais terminé, un jour vous devez arrêter votre fonction. Ce qui compte, c’est la réussite pour le canton, ce n’est pas important de savoir qui porte ce succès.

Quelque chose que vous abandonnez en quittant le Gouvernement valaisan et que vous ne regretterez pas?

Le plus difficile pour moi, c’était ces repas du samedi soir à devoir manger du foi gras, que je n’aime pas…

A la présidence de la SSR, le plus gros défi sera l’initiative No Billag? Il faudra convaincre les Suisses?

Oui. Je vais forger mon opinion. Je dois apprendre, car je rentre dans un nouveau métier. On ne peut pas s’exprimer avant de connaître le sujet. La SSR garantit le fonctionnement de la démocratie. La solidarité entre les régions est importante. Une partie des contributions de la RTS vient de la Suisse allemande. On a tous des défis à relever dans la digitalisation. On a plusieurs petits marchés dans notre petit pays. Il faut avoir une masse critique pour affronter les grands défis.

 


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CANTONALES 2017