Zoom sur la promotion du vélo en Valais: Verbier et Martigny s’activent

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Le Valais doit devenir une destination vélo phare: une vision partagée par Valais/Wallis Promotion et des régions touristiques. Reste à mettre en place des offres adéquates. Entités touristiques et sociétés privées s’activent sur un marché à fort potentiel de croissance.

Pour en parler, deux invités: Philippe May, coordinateur du projet Vélo Martigny – Verbier et Fabian Claivaz, directeur de Martigny Tourisme.

 

Le Valais n’est pas encore une destination vélo?

Philippe May: On est convaincu que notre patrimoine est intéressant. On peut rouler au plat, mais aussi monter des cols.

Fabian Claivaz: L’idée marketing est là. Il faut aller dans le détail.

Il y a une volonté commune de développer le produit vélo. Qu’est-ce qu’il manque pour être une destination vélo?

Il manque l’expérience. On est en retard par rapport à d’autres pays. Il faut s’inspirer des expériences des autres en se singularisant. Les gens doivent vivre une expérience quand ils viennent. Il faut scénariser tout cela.

Aujourd’hui, un marché existe. Majorque s’est profilée comme une destination vélo. Que doit faire le Valais pour se donner cette image?

Philippe May: On n’est pas précurseur, c’est une chance. On peut s’inspirer de l’étranger et essayer de le personnaliser sur le plan valaisan. On a de beaux paysages et de bonnes routes. Il faut que l’on se mette ensemble derrière une idée.

Qui doit prendre le lead de ce projet? Valais/Wallis Promotion, des régions, des passionnés?

Fabian Claivaz: Difficile à dire. C’est bien qu’il y ait des bénévoles pour des événements. L’office du tourisme et Valais/Wallis viennent en renfort.

Tout le monde s’accorde pour dire que l’on va dans la bonne direction. Yves Degoumois, de Pro Vélo Valais:
«L’offre touristique pour le vélo est un bon signal. Il y a encore des infrastructures à développer. Ce n’est pas obligatoirement des constructions. On peut rendre aussi la route plus intéressante au trafic cycliste. Ce sont des décisions politiques et pas obligatoirement financier.»

Faut-il continuer à développer ces infrastructures en station?

Philippe May: Oui. Il faut sensibiliser les gens. La cohabitation avec les voitures et les cyclistes est souvent plus importante que les infrastructures à mettre en place. Il faut une réelle prise de conscience de tous pour que le Valais devienne Bike friendly.

Il y a une animosité entre automobilistes et cyclistes?

Philippe May: Ce n’est pas encore optimal. On est tous d’accord sur le développement du vélo et du respect mutuel. Quand on va faire des cols, le cycliste est respecté. C’est là-dessus que l’on doit travailler.

Les cyclistes ont une image positive. On sent ce potentiel. Quand on se balade en ville, on ne voit pas beaucoup de vélos. On doit sensibiliser les Valaisans au vélo? Dans les villes?

Fabian Claivaz: Je pense que la réalité, si on regarde la Suisse: le Suisse allemand est très vélo. Mais en Valais, on prend sa voiture pour faire 300 mètres. Le vélo vient petit à petit… Cela va venir.

Qu’est-ce qu’on doit faire pour développer ces itinéraires cyclistes?

Philippe May: Nous avons créé un site, pour les gens qui veulent découvrir le Valais ont les informations à disposition. Il faut qu’on enrichisse ce projet. Il faut que les partenaires viennent travailler avec nous.

Il y a une volonté politique de promouvoir le vélo. Il faut des années pour homologuer des parcours VTT. Cela peut freiner le développement de ce produit vélo?

Fabian Claivaz: Je ne suis pas un politique. Mais oui, il faut des gens du terrain et que l’on compare avec les autres pays. Sinon on a une idée, mais il faut que cela corresponde à un vrai client. Tout le monde joue le jeu, mais il faut les mettre ensemble.

Philippe May, vous êtes d’accord?

Philippe May: Oui. Tout le monde a pris conscience en Valais, dans les stations, qu’il faut développer le tourisme d’été. Le cyclisme est le nouveau golf. Le potentiel est là. Il faut que tout le monde fasse des efforts et se mette ensemble. Il faut aller de l’avant.