Au Grand Conseil, des politiciens de droite et de gauche veulent changer la loi pour stopper les travaux de Swissgrid

powered by

Des ténors du Parlement valaisan, tous bords confondus, veulent ni plus ni moins changer la loi cantonale dans l’espoir de stopper les travaux de Swissgrid pour la construction de la ligne à très haute tension Chamoson-Chippis. Parce qu’il y a urgence, dit dans cette interview le président de la commission de l’énergie et chef de groupe UDC du Valais romand Grégory Logean, parce que toutes les autres solutions parlementaires ont été épuisées.

Le texte a passé, dans l’après-midi, la rampe du Bureau du Grand Conseil.

Les députés pourraient se prononcer sur la question vendredi déjà.

Texte de l’intervention:

Ligne THT Chamoson-Chippis : les travaux doivent être bloqués jusqu’à la finalisation de la planification de détail

Critères d’urgence:

Actualité de l’événement

La problématique de la ligne THT Chamoson-Chippis est actuellement au centre de l’actualité depuis le démarrage des travaux et la publication du rapport du Géologue cantonal ainsi que de l’étude du bureau BEG.

Imprévisibilité
Le contenu des ces éléments nouveaux qui n’avaient, pour la plupart, pas été portés à la connaissance des autorités concernées, était totalement imprévisible notamment le fait que 34 des 52 pylônes se trouvent en zone de danger et que trois pylônes ne peuvent, selon le géologue cantonal, pas être du tout construit quoi qu’il arrive pour des
mesures de sécurité.

Nécessité d’une réaction ou d’une mesure immédiate
Swissgrid ayant démarré les travaux, il y a nécessité à ce que la présente initiative parlementaire soit déclarée urgente et édictée sous la forme d’un décret soumis au référendum résolutoire. Il s’agit notamment d’éviter la politique du fait accompli qu’entraîne le démarrage desdits travaux.

C’est une étude géologique, mandatée par Alpiq en septembre 2015 et gardée jusqu’ici confidentielle, qui nous l’apprend: 34 des 52 pylônes de la future ligne aérienne à haute tension posent problème !

Chute de pierre, glissement de terrain, tassement, éboulement, inondation, laves torrentielles sont autant de dangers potentiels. Certains pylônes sont plus problématiques que d’autres, comme dans le secteur entre Bramois et Grône, par exemple. Là, le rapport préconise des études géologiques et hydrologiques. Pour les pylônes en zone
de glissement, l’étude préconise une observation préalable d’une durée minimum de 3 ans.

Au vu des ces éléments nouveaux, il y a nécessité d’exiger que les travaux de construction de la ligne à très haute tension Chamoson-Chippis soient bloqués jusqu’à la finalisation de la planification de détail.

Dans cet esprit, il apparaît que le droit cantonal et le droit communal (carte des dangers) s’appliquent, et non exclusivement le droit fédéral. Dans la décision d’approbation des plans, une autorité cantonal a reçu aussi un pouvoir de décision (géologue cantonal). Le canton a ainsi des compétences en matière d’approvisionnement en
électricité pour cette installation électrique à très haute tension.

Enfin, au vu de l’urgence de la situation, la présente initiative parlementaire doit être déclarée urgente et édictée sous la forme d’un décret soumis au référendum résolutoire.

Conclusion

Le Grand Conseil du canton du Valais

vu le rapport du Géologue cantonal du 1er juin 2018, vu que trente-quatre pylônes du projet de la ligne 380 kilovolts projetés entre Aproz et Chippis sont exposés à des dangers naturels et que les risques de dommages pour ces pylônes considérés en classe III par le canton ne peuvent pas être négligés, vu les éléments nouveaux qui n’avaient, pour certains, pas été portés à la connaissance des autorités concernées, ordonne:

I Loi cantonale sur l’approvisionnement en électricité (LcApEl) du 17 décembre 2014 est modifiée comme il suit:

Art. 3 Collaboration, coordination et planification

  1. Le canton collabore avec les communes, les propriétaires et les gestionnaires de réseau pour la mise en œuvre de la présente loi.
  2. Il coordonne sa politique énergétique avec celle de la Confédération et collabore, dans la mesure où cela s’avère nécessaire, avec les cantons voisins.
  3. Les gestionnaires de réseau planifient le développement de leur réseau en collaboration avec les autorités communales concernées en tenant compte de la politique énergétique fédérale et cantonale. Ils collaborent étroitement entre eux.
  4. Les travaux de construction de la ligne à très haute tension Chamoson-Chippis sont bloqués jusqu’à la finalisation de la planification de détail.

II Disposition finale

1. La durée de validité du présent décret est fixée à trois années.

2. Le présent décret entre en vigueur dès sa publication dans le bulletin officiel le vendredi qui suit son adoption par le Grand Conseil.

3. Il est soumis au référendum résolutoire.

 


Tags assigned to this article:
ENERGIEGRAND CONSEILLIGNE THT