«Cuisiner, s’occuper des enfants et prier: c’était ce qu’il fallait faire quand on était une bonne femme en 1815»

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Si les inégalités mènent encore la vie dure aux femmes d’aujourd’hui, leurs conditions d’existences n’étaient guère plus facile il y a deux siècles. En 1815, les Valaisannes deviennent Suissesses mais restent largement écartées de la vie publique. Cuisiner, s’occuper des enfants et prier: c’est le pain quotidien de la gente féminine à cette époque.

«Être le grillon du foyer, c’était ce qu’il fallait faire quand on était une bonne femme et une bonne mère» ironise Maryline Morard, présidente de Via Mulieris. L’association, qui a pour but de permettre aux femmes du canton de se réapproprier leur histoire, tient pour exemple la figure de la Catherine. Notamment érigée en statue sur la place de la Planta à Sion, celle-ci est une «représentation de la femme en 1815: virile, forte et proche des valeurs de l’époque, à savoir le travail et la famille». Et la présidente de Via Mulieris de poursuivre: «en ce temps-là, il fallait d’abord s’acquitter de ses tâches, prier, être des femmes soumises et tout ça se trouve représenté dans cette statue».

Tout travail mérite salaire dit-on. Mais celui des femmes d’alors n’est ni reconnu, ni rémunéré.

«En 1815, toutes les femmes valaisannes travaillent. Mais très peu d’entre elles possèdent des formations officiellement reconnues, en dehors des sages-femmes. La plupart sont paysannes, s’occupent du bétail, de la maisonnée et de l’éducation des enfants» détaille l’historienne Marie-France Vouilloz Burnier.

Ces conditions de vie évolueront lentement, puisque l’école valaisanne ne deviendra obligatoire qu’à partir de 1849 et n’est alors réservée qu’aux garçons. Les jeunes filles, elles, n’avaient pas d’autre choix que de se préparer à devenir religieuse ou mère de famille.

Compatissante avec ses aïeules, Marie-France Vouilloz Burnier s’indigne:

«ces femmes étaient épuisées physiquement à cause de l’allaitement mais ce n’était pas considéré comme quelque chose d’important, donc elles devaient continuer à participer aux travaux de la campagne».

Pour les Valaisannes, la situation a perduré pendant environ un siècle, avant qu’elles n’accèdent à l’éducation et à des professions supérieures, vers le milieu du XXe siècle.

Aujourd’hui, si de nombreux pas ont été entrepris dans le sens de l’égalité entre femmes et hommes, un long chemin doit encore être parcouru. Le 14 juin dernier, la Catherine de Sion avait d’ailleurs revêtu une écharpe violette, plus d’un siècle après son érection, à l’occasion de la grève des femmes. Preuve que ce symbole est toujours d’actualité.