Dystonie, ou la crampe des virtuoses: le violoniste, Anthony Fournier, fait face à un coup dur et réapprend à jouer

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Lorsqu’on est au sommet de son art, la chute peut être brutale. C’est en quelque sorte l’expérience qu’a vécu Anthony Fournier il y a quelques mois. On diagnostique alors au violoniste sédunois un trouble neurologique courant chez les musiciens: la dystonie de fonction. Provoquant des contractions musculaires incontrôlées, elle est sans gravité pour la plupart des gens mais peut mettre en danger des carrières d’artistes.

«J’avais des problèmes pour exécuter des passages rapides d’une pièce que j’avais beaucoup jouée. C’est parti de là. Et en tant que musicien, le premier réflexe qu’on a c’est de travailler plus, plus lentement, de changer un peu de méthode: ce que j’ai fait. Et j’ai vu qu’au fil des concerts, au fil des mois, ça ne s’améliorait pas.»

Le violoniste sédunois file alors chez Aude Hauser, une physiothérapeute spécialisée dans les problèmes de musiciens, sur conseil d’un ami pianiste. La thérapeute genevoise reconnaît immédiatement le trouble et lui interdit de jouer du violon tant qu’il n’aura pas commencé sa réadaptation.

«Il est venu très rapidement par rapport à d’autres. Donc j’ai pu commencer à suivre une dystonie qui pour lui était gênante, mais qui ne l’empêchait pas encore de jouer. Si ça avait continué, ça aurait été le cas » constate-elle.

Anthony Fournier a de la chance dans son malheur, puisque la dystonie de fonction est une maladie qui demande de la réadaptation: plus elle est diagnostiquée tôt, mieux elle est traitée.
Pour le musicien valaisan, c’est une table rase: il doit réapprendre à jouer: «mon quotidien maintenant c’est deux et quatre heures d’exercices de rééducation par jour.»
Mais tout n’est pas noir pour Anthony Fournier, qui en profite pour travailler sur autre chose.

«Comme je ne peux pas travailler, je profite de faire d’autres projets. Par exemple des arrangements pour mon groupe de rock, de composer un peu. J’ai aussi des projets pour les futures années avec des artistes valaisans» annonce-t-il.

Le virtuose valaisan doit encore faire un peu de chemin avant de remonter sur scène, mais il y a fort à parier qu’on entendra rapidement parler de lui en 2019.