Il y a 18 mois, le pape François rappelait que l’accueil des étrangers est une exigence chrétienne. Les Églises du canton ont relayé ce message. Aujourd’hui, plus de 400 Valaisans œuvrent en faveur de ceux qui ont vécu le déracinement et une migration périlleuse vers l’Europe. Reportage à Viège et Sion, puis interview de Mgr Lovey, évêque de Sion.
Un réseau de solidarité s’est mis en place. Les Eglises et l’Etat du Valais collaborent. Aujourd’hui, de nombreux bénévoles proposent de donner de leur temps: ils sont plus de 400. Les actions concrètes menées sur le terrain portent leurs fruits, comme ces boutiques de Viège et Sion qui récoltent des vêtements. Les dons financiers ou en nature affluent (mobilier, jouets, vêtements). Certains employeurs ont embauché des migrants, comme Michel Darioly, responsable de centres équestres de Sion et Martigny a opté pour les candidatures d’un Somalien et d’un Afghan: «C’est un pur bonheur de travailler avec eux. Ils sont souriants et motivés, ils ont toujours de la joie de vivre malgré leur passé dramatique. Ils se sont très facilement adaptés aux collaborateurs et aux clients.»
Monseigneur Lovey, c’était un appel courageux du pape?
Oui. C’est dans la ligne de ce que l’Eglise a toujours fait. Depuis l’arrivée du pape François, on a pris l’habitude de se focaliser sur la pauvreté.
Est-ce une façon de rappeler la mission d’accueil de l’église?
Il y a un enjeux de légitimité de l’Eglise et de l’Evangile. Le monde est à des kilomètres de la réalité évangélique. Au cœur de l’Evangile, il y a l’attention aux plus pauvres. Ce geste est reconnu comme juste.
Pourquoi avez-vous souhaité travailler avec l’Etat?
Il revient aux Etats d’organiser l’accueil des migrants. C’est un problème de société. L’Eglise n’a pas à se substituer. Elle fait partie de cette réalité de l’Etat. Il y avait aussi un enjeux de communion ecclésiale, car toutes les Eglises, catholiques et protestantes, se sont engagées. Il y a un geste œcuménique, qui est compris immédiatement.
Face à cet appel, avez-vous eu des réactions négatives?
Oui. Ce sont souvent des réactions de peur. Il est important d’aller à la rencontre de ces personnes. Il y a des richesses extraordinaires derrière les histoires de chaque personne. J’ai eu la chance d’aller dans un centre de réfugiés. C’est touchant et constructif.
Certaines personnalités s’engagent aussi dans cet ouvrage. Est-ce important de le souligner?
Indépendamment de leur notoriété, c’est important que les migrants soient intégrés dans la vie de chez nous. On a eu une magnifique expérience à l’Hospice du Saint-Bernard. Des réfugiés y ont travaillé et ils ont été formés auparavant pour cela. C’est une belle intégration dans la vie sociale.
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