Restaurants, écoles, musées, entraînements sportifs et transports publics: la vie reprendra en Suisse dès le 11 mai prochain. Ainsi en a décidé le Conseil fédéral. «Nous entrons dans une nouvelle phase, dans laquelle il faudra apprendre à vivre avec le virus» annonce la présidente du Conseil fédéral Simonetta Sommaruga dans une conférence de presse ce mercredi 29 avril 2020. A l’heure où le nombre de cas recensés est tombé au-dessous des 200 par jour, le gouvernement entend relancer l’économie du pays en douceur, sortant ainsi avec prudence du confinement prononcé il y a plus d’un mois.
«Pas de rebond»
Seule condition aux réouvertures prévues: que les mesures sanitaires continuent de contenir la propagation du virus et que ces règles permettent de protéger la santé de l’ensemble de la population. «La crise n’est pas encore derrière nous» a averti la présidente Simonetta Sommaruga, qui précise qu’un retour «à notre vie d’avant» du jour au lendemain et que les solutions simples n’existent pas. «Nous ne voulons pas de rebond du virus, c’est pourquoi nous devons rester prudents».
Quatre personnes par tables
Parmi les mesures très attendues figurent la réouverture des restaurants dès le 11 mai prochain. Le Conseiller fédéral Alain Berset a immédiatement nuancé cette mesure en précisant la règle sanitaire à respecter, à savoir: 4 personnes par table maximum (à l’exception des familles avec enfants qui excéderaient ce nombre) et la distance sociale de deux mètres entre ces groupes de quatre.
Manifestation de plus de 1000 personnes prohibées jusqu’à fin août
Autre annonce importante pour les organisateurs d’événements: la tenue des manifestations excédant 1000 personnes reste interdite jusqu’au 30 août prochain. Alain Berset indique prendre cette décision au nom du Conseil fédéral pour «pouvoir mieux se coordonner avec les pays alentours qui ont décidé d’en faire autant». Le ministre de la santé s’est étonné de la liste impressionnante des manifestations concernées par cette mesure. «Notre pays possède décidément un paysage culturel et sportif très riche». Quant au sport, les entraînements pourront reprendre leur cours normal dès le 11 mai. Mais pour les manifestations en dessous de 1000 personnes? Le Conseiller fédéral Berset y a répondu, indiquant la date du 27 mai pour un éventuel assouplissement. En attendant, ces rassemblements restent interdits.
Apprendre à vivre avec le virus
Si manger à l’extérieur, faire nos courses et aller au musée sera désormais possible dès le 11 mai, il faudra le faire «avec discipline» prévient Alain Berset. «Les distances, règles hygiène et le télétravail lorsqu’il est possible doivent rester en vigueur pour pouvoir sortir de cette crise». Pour ce faire, et c’est une nouveauté: toute personne, même avec des petits symptômes sera systématiquement testée et contrôlée pour circonscrire le périmètre de l’épidémie. Une application de traçage via téléphone mobile est toujours en cours d’élaboration, mais selon le Conseil fédéral: elle ne va pas remplacer le travail de confinement. En guise de conclusion, Alain Berset déclare: «C’est une autre normalité qui nous attend: nous avons besoin d’un état fort, d’une société forte et d’une économie forte. Cette voie ne peut fonctionner qu’avec la participation et la responsabilité de toutes et tous».
«Une lueur d’espoir dans un ciel sombre»
A l’heure de ces différentes reprises, le ministre de l’économie Guy Parmelin a mis en garde: «c’est une lueur d’espoir dans le ciel de l’économie, mais des nuages sombres continuent de menacer». Pour le Conseiller fédéral vaudois: seul les plans de protection sanitaires pourront garantir cette embellie programmée de l’économie du pays. Mais le ministre est amer. Le chômage continue son inéluctable augmentation, atteignant plus de 50% dans le canton du Tessin. Pour Guy Parmelin, le produit intérieur brut (PIB) suisse sera très fortement impacté par cette crise. Pour ce qui est de l’élaboration des plans de protections, sensés garantir le retour de presque toutes les activités, ils sont à la charge des différentes branches de l’économie et sous la surveillance des cantons.
Écoles: retour comme prévu mais pas d’examens au programme
Pour les écoles obligatoires, la date était déjà fixée au 11 mai. Mais pour le retour du post-obligatoire du 8 juin, le Conseiller fédéral Parmelin a détaillé le point discuté des épreuves maturités: les examens cantonaux pourront ne pas être organisés (ni écrits, ni oraux) selon ce que décideront les cantons. Les examens de maturité fédérale sont, eux, annulés et les notes de l’année feront foi.
Le ministre de la formation et de l’économie Parmelin s’est lui aussi fendu d’une conclusion poétique: «le mot crise en chinois possède deux syllabes. La première signifie le danger, la seconde la chance. Alors exploitons cette crise comme une chance» commente Guy Parmelin.
Pas d’ouverture des frontières pour l’heure
Dans la seconde partie de la conférence de presse du Conseil fédéral, la ministre en charge de la justice et de la police Karine Keller-Sutter indique assouplir les passages aux frontières pour les personnes qui sont en disposition de permis de séjour ou en situation d’urgence. «Nous passerons probablement nos vacances en Suisse, car les frontières internationales restent incertaines pour l’heure» a-t-elle ajouté.
Reprise des votations
Suspendus pendant le temps de la crise en raison d’un débat impossible, les droits politiques vont également reprendre dès le mois de juin. La prochaine votation fédérale est prévue le 27 septembre avec pas moins de 5 objets, et parmi eux la sulfureuse question du financement des avions de combat mais aussi celle d’un congé paternité.








