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«Nous ferons tout pour éviter le scénario italien, mais nous avons besoin de la population»

Nouveau point presse des institutions fédérales à Berne alors que l’Italie voisine fait face à la pire journée de la crise COVID-19 depuis les premiers cas, avec plus de 600 décès en un seul jour portant leur nombre total au-delà de 4000. C’est aujourd’hui, et de loin, le pays le plus touché par la pandémie mondiale.

En Suisse, si la courbe semble suivre une évolution similaire, la Confédération dénombre pour l’heure 56 décès et 6113 cas confirmés de COVID-19 (1300 de plus que la veille).

Éviter à tout prix le scénario italien
«Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour ne pas atteindre le taux de mortalité italien» lance Daniel Koch, Responsable de la division maladies transmissibles de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) dans un appel solennel à la responsabilité collective et au respect des consignes de la Confédération. Le haut-fonctionnaire, en première ligne depuis le début de la crise, tient toutefois à rassurer sur la situation suisse. «J’ai eu le médecin cantonal du Tessin au téléphone juste avant cette conférence de presse, il m’a assuré disposer d’assez de lits» indique-t’il.

Plus de 4000 civilistes et 3000 soldats mobilisés
«Les interventions en cours se font principalement dans les hôpitaux, EMS et institutions de soin» indique Christoph Hartmann, Directeur de l’Office fédéral du service civil, alors que l’armée et la protection civile sont également à pied d’œuvre.

Côté armée, ce sont 3000 soldats qui sont désormais engagés. «Même les écoles de recrue, cours de répétitions et soldats de réserve peuvent être appelés si l’état major l’estime nécessaire» précise Raynald Droz, chef d’état-major du commandement des opérations. Cette situation durera jusqu’à la fin du mois de juin et en fonction de l’évolution de la crise. Mais le virus n’épargne pas l’armée: 650 soldats sont actuellement en quarantaine et 76 cas à l’isolement.

Suisses de l’étranger en difficulté
«Les vols sont de moins en moins nombreux et il devient de plus en plus difficile de rentrer en Suisse. Nous ne serons pas à même de ramener les Suisses de tous les coins du monde» alerte Hans-Peter Lenz, chef du centre de gestion des crises au Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Ce dernier est en passe de définir trois destinations prioritaires pour certains rapatriements quand les retours par voie commerciale sont impossibles. Pour «raisons diplomatiques», Hans-Peter Lenz a refusé de divulguer quelles étaient ces destinations mais il est fort probable que certains pays d’Amérique latine et d’Afrique du nord, comme la Colombie ou le Maroc, soient concernés puisque ceux-ci ont complètement fermé leurs frontières.
Le haut-fonctionnaire appelle également tous les touristes et Suisses résidents à l’étranger désireux de revenir à s’enregistrer sur la plateforme dédiée et ceux qui sont rentrés à le confirmer et quitter cette plateforme. Face aux vives critiques sur la question des rapatriements, il martèle le principe du département: les Suisses doivent d’abord se débrouiller pour rentrer au pays «par leurs propres moyens».

Hugo Cousino

Hugo Cousino

Journaliste RP
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