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« Si l’initiative No Billag passe, c’est la suppression du service public audio-visuel », dit Raymond Loretan

« Le service public audio visuel n’est pas une télévision d’Etat, c’est donc logique qu’on n’accorde pas plus de pouvoir au Parlement », dit Raymond Loretan, ancien président de la SSR. Au terme des débats ce mardi au National, l’ancien protagoniste de la presse suisse résume les enjeux, il s’exprime aussi sur l’initiative No Billag. Interview.

M. Loretan, on va discuter de ce qui s’est passé au Conseil national, du refus d’accorder plus de pouvoir au Parlement en ce qui concerne les subventions aux médias.

Le service public audio-visuel n’est pas une télévision d’Etat. C’est un service indépendant, qui doit être libre et indépendant de la politique. C’est logique que l’on accorde pas plus de pouvoir au Parlement. Cela serait même dangereux. Ce serait une tendance à la politisation de la télévision et de ses émissions.

Est-ce que le système suisse aurait pu se tourner vers cela?

Je ne crois pas. Pour l’instant, le service audio-visuel est toujours indépendant. Du fait de son expansion et d’un manque de collaboration avec le secteur privé, la politique s’est intéressée au service audio-visuel public.

Comment voyez-vous la suite?

Si l’initiative No Billag passe, c’est la suppression du service public audio-visuel. Ce serait une catastrophe. La Suisse a besoin de cet élément de cohésion. La presse a tendance à s’exiler. Je vois dans la SSR une garantie de la diversité et de l’indépendance de la presse dans les différentes régions de Suisse. Son maintien est important. Elle doit avoir le courage de se remettre en question, en soumettant ses émissions à un examen de compatibilité publique et de plus appliquer le principe de subsidiarité en accord avec les acquéreurs privés.

Le service public et les médias privés sont-ils encore complémentaires?

Oui, mais pas suffisamment. La concurrence est toujours plus forte. La place médiatique suisse est petite. Les médias suisses doivent augmenter leur collaboration notamment sur Internet.

Est-ce qu’il y a toujours une place pour tout le monde?

Oui. Il y a une pression sur les médias écrits. Il faut se réinventer. La collaboration entre l’écrit et l’audio-visuel est un modèle d’avenir à condition de s’entendre sur les nouvelles technologies. – Raymond Loretan, merci. Les débats sur « No Billag » auront lieu demain à Berne.

Joël Antonin

Joël Antonin

Contributeur
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